Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/162

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XXVI
À M. DUFIEUX.
Paris, 2 mars 1835.

Mon cher ami,

Votre ictère est venue me faire rougir de ma paresse, paresse de la tête et de la main, mais non pas, je l’assure, paresse du cœur. Après les témoignages précieux d’amitié que j’ai reçus de vous, après la confiance dont vois m’avez honoré en épanchant plus d’une fois votre âme dans la mienne, il faudrait qu’un souffle d’ingratitude bien glacial eut passe sur ma mémoire pour en avoir effacé votre souvenir. Non, mon ami, ne le croyez pas, je ne vous ai point oublié. Durant ces jours de l’absence déjà nombreux, vous n’avez pas cessé de vivre dans mes pensées ; vous n’avez pas non plus cessé de vivre dans mes entretiens, soit avec ceux de mes amis qui ont le bonheur d’être aussi les vôtres, soit avec Celui qui tous deux nous aime, et dans le sein duquel nos deux âmes séparées peuvent se réunir et converser ensemble.