Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/170

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qui nous met du baume dans le sang. Nous en avons besoin pour nous consoler du dernier livre de M. de Lamartine sur l’Orient ; ce grand poète est en même temps si impressionnable, qu’en traversant l’Asie, il s’est imprégné d’une partie de ses idées et de ses tendances : il donne des louanges extrêmes à l’Alcoran, et, à force d’optimisme et de tolérance, il sort évidemment de l’orthodoxie. Parce que des ordres avaient été donnés par tout pour qu’il fût bien reçu, parce que les pachas et les chefs des tribus l’ont accueilli en grand seigneur, menaces qu’ils étaient du perdre la tête s’ils y manquaient, sa belle âme, qui ne sait pas soupçonner le mal, s’est laissée prendre a ces dehors et s’est éprise d’admiration pour les mœurs orientales. Cependant le mal n’est pas sans remède, car ce n’est que l’exagération d’une bonne qualité. D’ailleurs le livre ne renferme pas une apostasie formelle. Mais il est évident que le ciel de Palestine s’est reflété avec toutes ses ardeurs dans l’âme limpide du poëte. Le temps effacera ce qu’il y a d’impur dans cette image. Au reste ; il y a aussi dans ce même ouvrage des choses admirables, surtout toutes les fois que le père se montre, tenant entre ses mains cette pauvre Julia qui va mourir au pied des montagnes de Jérusalem.

Tous les Lyonnais ici présents t’envoient leur bon souvenir ; il m’est impossible de les nommer tous