Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/171

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XXVIII
À M.X.
Paris, 16 mai 1835.

Mon cher ami,

Je vous en veux de m’avoir si peu parlé de vous dans votre dernière lettre, et de m’avoir si longuement parlé de moi ce que je fais est bien peu de chose. J’ai beaucoup de peine à travailler ; les idées que j’exprime laborieusement ne sont pas les miennes. J’essaye de me faire l’écho des jeunes chrétiens au milieu desquels je vis. Mais combien cet écho est faible, combien sont froides ces paroles lentement combinées, en comparaison de cette foi lumineuse, de cette charité brûlante, de cette courageuse espérance, qui palpitent dans des âmes comme la vôtre, comme celles de plusieurs qui vous ressemblent! Si vous saviez comme je suis faible! comme ma bonne volonté est facilement brisée par le choc des circonstances ! comme je passe de la présomption ambitieuse au découragement et à l’inaction ! quelle vanité dans mes pen-