Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/172

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sées , quelle impuissance dans mes œuvres. Oui, j’ose le dire, la Providence m’a entouré de tant de sollicitude, elle m’a si bien ménage les bienfaits de l’éducation, elle m’a prodigué de si bons parents, de si sages précepteurs, des amis si exemplaires, que souvent je me prends à croire qu’elle voulait de moi quelque chose de plus qu’une vertu vulgaire et cependant mon âme est comme un sable stérile que les pluies du ciel inondent sans le féconder. Et toutefois, aux jours où nous sommes, il faudrait de grandes vertus et des hommes forts. Sans doute l’empire du mal commence à être miné de toutes parts, et les temps approchent où la vérité sera saluée de nouveau reine du monde. Mais tant que durera la vie terrestre du genre humain, le mal ne saurait disparaître du milieu de lui le mal est toujours quelque part sur la terre, tantôt comu :e tyran, tantôt comme esclave. Jamais il ne fait de si redoutables efforts que lorsqu’il voit sa tyrannie lui échapper pour ressaisir son sceptre qui tombe, il réunit toutes ses forces à toute réaction religieuse correspond nécessairement une réaction contraire de l’impiété. Ainsi, tandis que le désert se fait autour des idoles du XVIII° siècle, tandis que la solitude de nos temple se peuple de nouveau, tandis que l’indifférence s’anéantit, et que M. Lacordaire fait tonner la parole de Dieu sur un auditoire de six mille hommes à l’étroit dans la grande