Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/179

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avait eues à Lyon n’étaient point au-dessous de celles que j’avais éprouvées à Paris. Heureusement à.mon retour une grande amélioration s’était faite ma bonne mère n’était plus souffrante, mais elle portait les traces de ses souffrances passées, et en ta baisant j’ai été effrayé de la maigreur de son visage. Tranquille pour le présent, je suis encore bien tourmenté pour l’avenir ; je vois que cette santé qui m’est si chère s’est véritablement affaiblie, que sa sensibilité est devenue extrême, que peu de chose suffit pour la chagriner, la désoler ; que sa vertu et sa bonté angéliques sont toujours en lutte avec son organisation maladive et nerveuse; avec cela elle redouble de bonnes œuvres, et s’impose des fatigues devant lesquelles moi, jeune et fort, je reculerais ;j’ai bien du souci pour l’hiver prochain. Mon cher ami, si vous avez deux places à me donner dans vos prières, donnez-en une pour la santé de ma mère et l’autre pour moi ; si vous n’en avez qu’une, qu’elle soit pour ma mère ; c’est prier pour moi que de prier pour elle ; à sa conservation dans cemonde est peut-être attaché mon salut dans l’autre.

Outre des sollicitudes domestiques, j’ai trouvé à Lyon une impression de terreur générale. Le choléra, qui frappait, des coups si terribles sur les provinces du Midi, semblait s’avancer vers nos portes. Il avait remonté le Rhône, jusqu’à quinze lieues de notre ville, chassant devant lui des multitudes