Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/180

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de fugitifs qui venaient apporter parmi nous d’épouvantables récits, et une frayeur plus grande encore que le mal. Notre population ardente et impressionnable s’était profondément émue. Tandis que les esprits abrutis et grossiers commençaient a s’entretenir de bruits d’empoisonnement et se préparaient à répondre à l’invasion du fléau par des émeutes et des violences ; une foule religieuse assiégeait Notre-Dame-de-Fourvières et s’agenouillait en plein air sur le parvis de l’église pour chanter des cantiques de douleur ; en même temps, nombre de personnes dévouées se présentaient pour servir les pauvres, au moment où viendrait l’épidémie : plus de quinze cents de ces personnes s’étaient fait inscrire d’avance.

Enfin, Dieu a une seconde fois glorifié sa sainte Mère et consolé notre pauvre ville ; une seconde fois la main qui menaçait s’est ouverte pour bénir. La plus antique église des Gaules, l’église de Lyon est toute fière, heureuse et reconnaissante du magnifique privilège qui lui a été accordé. Le nom de Notre-Dame-de-Fourvières n’excite plus un sourire sur les lèvres de l’impie qui ne peut se défendre de penser qu’à sa protection peut-être il doit la vie.

Enfin nous respirons je ne saurais vous dire combien je suis heureux de ce repos momentané de toutes mes inquiétudes, de n’avoir plus à me préoccuper ni des approches d’un examen, ni de la