Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/188

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tères ineffaçables les leçons d’une philosophie sublime, et cette philosophie n’est autre que celle écrite en caractères non moins ineffaçables dans les pages de l’Évangile.

De la Grande-Chartreuse nous sommes allés visiter le Grand-Som, montagne très-élevée d’où l’on domine tout le Dauphiné, une partie de la Savoie, et d’où l’on découvre toute la chaîne des Alpes. Nous avions de la neige jusqu’aux genoux, et les traces des loups étaient fraîchement empreintes tout à l’entour. Nous sommes ensuite descendus à Grenoble par le Sapey et pendant une journée entière nous avons encore joui des plus admirables points de vue. Dans cette partie du Dauphiné, les vignes sont suspendues aux arbres comme en Italie, la terre y est aussi fertile qu’en Piémont, la population y paraît belle, riche et fort religieuse, à en juger par la quantité de gens qui saluaient mon frère l’abbé le long des chemins, ou qu’on voyait a l’église le dimanche. Grenoble est une jolie ville,. assise au bord de l’Isère et environnée de fortifications inaccessibles. Cependant Lyon vaut mieux, surtout quand on y a sa famille et ses amis.

Sous ce dernier rapport tu me fais ici un grand vide. Où sont nos longues conversations, nos jérémiades faites en commun et qui se terminaient toujours par quelques paroles d’encouragement et d’espérance ? Où sont nos promenades du soir, nos chateaux en Espagne, nos folies d’étudiants ? Ici les