Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/193

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


aimable fille ; vous puiserez dans sa tendresse des consolations aux jours mauvais, vous trouverez dans ses exemples du courage dans les temps périlleux vous serez son ange gardien, elle sera le vôtre. Désormais vous n’éprouverez plus ces faiblesse, ces découragements, ces terreurs dont on est saisi à certaines, heures de la vie car vous ne serez plus seul. Vous ne serez plus jamais seul, vos vertus vous en donnent le légitime espoir, l’alliance que vous allez contracter sera une alliance immortelle ce que Dieu a uni, ce qu’il a défendu à l’homme de séparer, il ne le séparera point lui même, et au ciel il investira d’une même gloire ceux qu’il lit ici-bas compagnons d’un même exil. Mais je balbutie une langue que je ne sais point encore ; je parle de choses qui ne me sont point révélées. Chez moi l’imagination s’est développée de bonne heure, la sensibilité a été plus tardive bien que mon âge soit celui des passions, à peine en ai-je senti les premières approches. Ma pauvre tête a déjà bien, souffert, mais mon cœur n’a pas encore connu d’autres affections que celles du sang et de l’amitié. Cependant il me semble que j’éprouve depuis quelques temps les symptômes avant coureurs d’un ordre nouveau de sentiment, et je m’en effraye ; je sens en moi se faire un grand vide que ne remplissent ni l’amitié, ni l’étude ; j’ignore qui viendra le combler : sera-ce Dieu ? sera-ce une créature ? Si c’est une créature, je prie