Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/194

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qu’elle ne se présenté que tard, quand je m’en serai rendu digne ; je prie qu’elle apporte avec elle ce qu’il faudra de charmes extérieurs pour, qu’elle ne laisse place a aucun regret ; mais je prie surtout qu’elle vienne avec une âme excellente, qu’elle apporte une grande vertu, qu’elle vaille beaucoup mieux que moi, qu’elle m’attire en haut, qu’elle ne me fasse pas descendre, qu’elle soit généreuse parce que souvent je suis pusillanime, qu’elle soit fervente, parce que je suis tiède dans les choses de Dieu, qu’elle soit compatissante enfin, pour que je n’aie pas à rougir devant elle de mon infériorité. Voila mes vœux, voilà, mes rêves mais, comme je vous l’ai dit, rien ne m’est plus impénétrable que mon propre avenir.

Vivez heureux, vous dont la route est maintenant toute tracée : «  Vivite felices, quibus est fortuna peracta » Mais, quand au milieu de vos jouissances vous aurez un moment de libre, priez pour moi qui ne sais encore où je vais.