Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/232

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est de s’assimiler autant qu’il est en soi aux choses aimées.

Et nous, mon cher ami, ne ferons-nous rien pour ressembler à ces saints que nous aimons, et nous contenterons-nous de gémir sur la stérilité de la saison présente, tandis que chacun de nous porte dans le cœur un germe de sainteté que le simple vouloir suffirait à faire éclore ? Si nous ne savons pas aimer Dieu comme ceux-là l’aimaient, sans doute ce nous doit être un sujet de reproche ; mais encore notre faiblesse peut y trouver quelque ombre d’excuse ; car il semble qu’il faille voir pour aimer, et nous ne voyons Dieu que des yeux de la foi, et notre foi est si faible! Mais les hommes, mais les pauvres, nous les voyons des yeux de la chair, ils sont là et nous pouvons mettre le doigt et la main dans leurs plaies, et les traces de la couronne d’épines sont visibles sur leur front ; ici l’incrédulité n’a plus de place possible, et nous devrions tomber à leurs pieds et leur dire avec l’Apôtre Tu es Dominus et Deus meus « Vous êtes nos maîtres et nous serons vos serviteurs, vous êtes pour nous les images sacrées de ce Dieu que nous ne voyons pas, et ne sachant pas l’aimer autrement, nous l’aimons en vos personnes. »

Hélas ! si au moyen âge la société malade ne put être guérie que par l’immense effusion d’amour qui se fit surtout par saint François d’Assise ; si plus tard de nouvelles douleurs appelèrent les mains