Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/253

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puis ces derniers temps par un usage plus multiplié des sacrements, les vertus, les travaux, les chagrins, les périls de sa vie, lui ont rendu facile l’accès du séjour céleste, et que bientôt, si nous sommes bons, nous le retrouverons au rendez-vous éternel, où ne sera pas la mort. Plus se multiplie dans ce monde invisible le nombre des âmes qui 1 nous furent chères et qui nous ont quittés, plus puissante se fait sentir l’attraction qui nous y entraîne.Nous tenons bien moins à la terre quand les racines par lesquelles nous y étions attachés sont brisées par le temps.

A quoi me servirait, mon cher ami, de vous entretenir de mes douleurs, si je ne devais que vous attrister de mes récits et quel plaisir cruel y aurait-il à faire de l’amitié une communauté de chagrins ? Mais, quand on verse ces chagrins dans un coeur aimant et religieux à la fois, on en fait jaillir la prière, et cette prière monte agréable vers le ciel, qui l’exauce toujours. C’est donc devant Dieu que je désire que vous vous souveniez de mes maux et des besoins de ma famille entière. Vous avez d’ailleurs d’autres préoccupations plus douces et qui ont plus de droits sur votre esprit. Vous êtes père, et si cette joie est mesurée à la tristesse qu’on éprouve à cesser d’être fils, elle doit être bien grande. Jouissez du bonheur que Dieu vous fait pour vos mérites, d’autant plus excellents que vous semblez les moins comprendre. Vous croyez de-