Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/254

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


voir quelque chose à la connaissance que nous fîmes ensemble il y a six années et moi je suis sûr d’y avoir trouvé beaucoup. Je ne sais si ma compagnie dans une grande ville pouvait vous être de quelque profit ; je sais que la vôtre me révélait la possibilité de certaines vertus dont je ne croyais pas que la jeunesse fût capable ; aussi j’ai accueilli avec une vive reconnaissance l’hôte aimable [1] que vous m’aviez envoyé pour être, disiez-vous, l’interprète de votre gratitude. Deux choses surtout m’étonnent dans cet homme : une énergie qui n’est pas de son siècle, et un choix de style, une érudition habituelle, une abondance d’allusions savantes qui accuse les lectures multipliées au delà des rares loisirs d’une profession manuelle. Je voudrais converser avec vous davantage, mais le temps me manque, et le courage même des longs entretiens me manque aussi depuis mon malheur ; je vous prierais donc d’être patient. Dites à du Lac de prier pour mon père, pour ma mère et pour moi : je lui écrirai bientôt.

A Dieu, mon cher ami, à lui seul qui rapproche les distances, console l’absence, et sait réunir tôt ou tard ceux qu’il a fait s’aimer.

  1. Reboul