Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/275

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mords en pénitence, qui féconde la douleur et lui fait germer de généreuses résolutions ; c’est elle qui fait la confiance, et par la confiance, le courage ; car elle fait disparaître cette vue de nous-même qui nous confond. devant la vue de Dieu, dont elle nous investit, dans lequel elle nous fait sentir, être et mouvoir «  in ipso moventur et sumus; » qui nous éclaire e de sa lumière et nous fortifie de sa force. Dans ces hautes régions, tout change d’aspect, et, contemplés dans l’économie des volontés divines, les plus funestes événements s’expliquent, se justifient, et laissent voir en eux un signe consolateur. Ainsi ces maux du dedans et du dehors dont nous souffrions naguère n’affectent plus désormais que notre sensibilité, le bas étage de notre âme ; sa partie la plus haute s’élève au-dessus ; des préoccupations meilleures y résident ; une joie sérieuse, mais véritable, l’environne ; et le prodige est accompli, elle précepte de l’Apôtre s’est réalisé : Gaudete semper, parce que c’est Dieu même qui est la cause de cette joie inconnue à la nature : Gaudete in Domino. Peut-être, mon cher ami, cela tient-il beaucoup du sermon. Et cependant quel emploi plus digne de l’amitié que celui de chercher ensemble le remède à des maladies qu’on pense avoir communes ? Je crois donc qu’il y a trois sortes de genres de vie entre lesquels il faut opter la vie externe, qui se perd dans les jouissances matérielles, et qui est celle des païens et de la classe infime de l’huma-