Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/365

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nir , pour me relever ; considérant combien courte est la vie, combien peu éloignée sera sans doute la réunion de ceux que sépare la mort, je sens s’évanouir les tentations de l’amour-propre et les mauvais instincts de la chair ; tous mes désirs se confondent en un seul mourir comme ma mère.

Et vous, mon cher ami, vous deviez partager avec moi ce précieux souvenir, comme vous en partagez déjà tant d’autres ; et si ma plume a eu quelque peine a retoucher des traits qui sont pour moi autant de cicatrices intérieures, d’un autre côté vos affectueuses sympathies sur lesquelles je compte par avance, deviendront comme un baume nouveau pour les guérir, ou du moins les purifier. Que j’éprouve bien maintenant la vérité de vos paroles, et que je suis heureux de n’avoir pas déserté ce lit de douleur et de bénédiction pour courir après les douteuses promesses d’un avancement universitaire ! Quand, au prix de ce léger sacrifice, je n’aurais acheté que la faveur de passer auprès de ma mère quelques mois de plus, de me trouver à cette dernière nuit, j’en serais déjà trop payé. J’ai tant regretté de n’avoir pu fermer les yeux de mon pauvre malheureux père. Puissent-ils maintenantse trouver rassemblés dans un même bonheur, comme ils le furent ici-bas dans les mêmes travaux et les mêmes afflictions Puisse-je continuer avec eux par la pensée, parla foi, par la vertu, cet entretien que rien ne saurait interrompre, et puisse-t-il n’y avoir