Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/405

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LXIX
À M.L…
Paris, samedi matin, 5 octobre 1840.

Mon cher ami,

Je ne veux pas vous laisser apprendre par le journal le bon succès qui vient de m’arriver. Après les longues épreuves auxquelles votre amitié s’est intéressée pour moi, j’ai été nommé le premier de l’agrégation. En conséquence, on m’offre entrée immédiate à la Sorbonne avec suppléance de M. Fauriel. Ces événements qui dépassent toutes mes espérances ne laissent pas de m’embarrasser un peu, car je suis dans l’alternative ou de manquer un avenir providentiellement ouvert, ou de briser avec des habitudes et des affections bien profondes. Je prie Dieu qu’il m’éclaire ; joignez-vous à moi ; et soyez sûr que, de mon côté, en communiant demain, je n’oublierai pas dans mes faibles prières de remplir vos amicales intentions. J’use assez à votre égard du sans-façon amical