Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/433

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gardien pour consoler ma solitude : je pars en laissant conclue une alliance qui se terminera à mon retour. J’aurais eu recours à vos conseils si les événements ne se fussent précipités avec une impérieuse rapidité. Je recours maintenant à vos prières. Que Dieu me conserve, pendant cet exil de six mois, celle qu’il semble m’avoir choisie, et dont le sourire est le premier rayon de bonheur qui ait lui sur ma vie depuis la perte de mon pauvre père.

Vous me trouverez bien tendrement épris mais je ne m’en cache pas, encore que je ne puisse m’empêcher quelquefois d’en rire. Je me croyais le cœur plus bronzé.

Vous me verrez heureux ce sera pour compenser le partage que vous fîtes si souvent de mes douleurs.

Adieu, mon excellent ami, je sens bien que les affections nouvelles ne délogeront aucune de celles qui étaient déjà dans le cœur, et qu’il s’élargira pour ne rien perdre.

                     ____________

Pendant les sept mois qui séparent le projet de mariage d’Ozanam et son mariage, il écrivit un grand nombre de lettres, et c’est a cette époque qu’eut lieu l’ouverture du cours de littérature qu’il professa avec tant d’éclat à Paris. Nous