Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XV
À SA MÈRE.
Paris, 19 juin 1833.

Ma chère maman,

Je vous avais promis le récit, d’une de mes journées, et cette promesse n’est pas la chose du monde la plus facile à tenir. Car d’abord, comme dit le Sage, le juste pèche sept fois par jour ; et moi qui ne suis juste qu’à demi, je dois pécher quatorze fois au moins ce seraient donc quatorze sottises qu’il faudrait narrer l’une après l’autre, depuis la paresse qui me retient au lit le matin, jusqu’à la nonchalance qui me fait perdre bien du temps à causer avec quelqu’un le soir. Puis, quelle espèce de journée vous conterai-je ? Sera-ce quelque jour obscur de la semaine, un jour ouvrable, un jour de misère et de procédure civile ? ou bien sera-ce quelque radieux dimanche avec ses pieux offices et ses plaisirs tranquilles, ou enfin quelqu’une de ces rares journées de fêtes et de réjouissances, comme on en passe une ou deux seulement toutes