Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/127

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construire un palais. Ainsi s’expliquent, et ces combats séculaires que les rois et les peuples se sont livrés, et les ruines immenses qu’ils ont laissées derrière eux.

Comment donc concilier la liberté et l’autorité ? Oui peut rétablir entre elles une alliance parfaite, et fonder ainsi le règne de la justice ? C’est la charité. La charité, faisant converger les volontés libres vers un but unique qui est Dieu, en présence duquel toute personnalité s’efface, leur enseigne ainsi a se réunir dans une abnégation commune ; puis, découvrant à chaque homme l’image de Dieu dans ses frères, elle lui apprend a s’incliner devant eux sans s’avilir. En même temps la charité rappelle aux dépositaires de l’autorité qu’ils tiennent ici-bas. la place de cette Providence, qui n’use de sa puissance souveraine que pour le bien des créatures : le pouvoir devient un sacrifice comme l’obéissance ; l’autorité et la liberté se rencontrent sur le chemin du dévouement. Alors peu importent les constitutions politiques, qu’un seul ou qu’un petit nombre gouverne, ou que la force soit remise entre les mains de tous. Qu’importe la forme de l’autel, pourvu qu’on n’y dépose que du feu sacré et qu’on n’y brûle qu’un encens pur ?

Lorsque la vie sociale s’est ainsi ranimée à la chaleur de la charité, rien ne saurait l’arrêter dans son expansion : elle va multipliant sur la terre la joie et le bonheur, elle est féconde en vertus et en