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Troisième dialogue

Saint Augustin, Pétrarque.

Saint Augustin. Si, jusqu’ici, tu as tiré quelque profit de mes paroles, je te prie et te supplie de prêter une oreille docile à ce qu’il me reste à dire et de renoncer à tout esprit de dispute et de contradiction.

Pétrarque. Soyez certain que je le ferai, car je me sens, grâce à vos conseils, délivré d’une grande partie de mes inquiétudes, et je n’en suis que mieux disposé à entendre le reste.

S. Augustin. Je n’ai point encore touché les blessures insondables qui sont au fond de tes entrailles, et je crains de les toucher en me rappelant combien de discussions et de plaintes un léger attouchement a soulevées. Mais, d’un autre côté, j’espère qu’après avoir recueilli tes forces, ton âme plus ferme supportera désormais sans s’émouvoir un traitement plus douloureux.

Pétrarque. Ne craignez rien, je suis