Page:Paradis - Le Temiscamingue a la Baie-d'Hudson BAnQ P134S1D1, 1884.djvu/38

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Le port de Moose est visité chaque été par un navire d’Angleterre qui apporte les provisions et les marchandises destinées à la traite une année durant ; et le même vaisseau remporte les précieuses fourrures contingent de tous les postes disséminés à cent lieues à la ronde.

C’est ordinairement vers le 1er d’Août que le vaisseau fait son apparition dans les eaux de la Baie-James, mais il ne peut s’approcher à une distance moindre de huit milles du Fort, à « Ship Island » qui doit son nom à cette particularité.

La décharge de la Rivière Moose dans la mer se fait par plusieurs chenaux qui ne sont pas navigables à marée basse, excepté le principal où il reste toujours une quantité d’eau suffisante pour permettre la circulation des vaisseaux tels que les goélettes. Au moyen de quelques draguages faciles, les plus gros vaisseaux pourraient sans difficulté être amenés dans le hâvre même aux quais de Moose-Factory.

Climat — Sol & Agriculture.

J’ai déjà parlé du climat de Moose dans la première partie de cet ouvrage (Voir        ). Il me reste à ajouter que cette contrée est immensément propre à toute espèce de culture. Les patates et toutes espèces de légumes y viennent aussi parfaitement que dans le sud de la Province de Québec. Il n’y a pas de doute que toutes les céréales y réussiraient également. Quelques graines de blé tombés par hasard en terre y prirent racine et poussèrent de forts beaux épis jusqu’à parfaite maturité. Voilà un fait. Les gadelles viennent à perfection dans les jardins de la Compagnie.

On prétend que le bois-franc ne peut pousser dans ces parages. Ce qui n’empêche pas qu’un jeune frêne arraché il y a plusieurs années je ne sais où et transplanté dans le jardin y a déjà atteint 9 ou 10 pouces de diamètre. Je suppose que l’érable, le chêne et autres patriciens de la forêt, s’acclimateraient aussi vite, si on prenait la peine de leur donner « fair play. » J’en dis autant des pommes, des prunes et des cerises. Tous ces favoris de nos vergers, ne sont pas, certes, venus se planter là eux-mêmes. Il y a quelques années, la vigne était réputée impossi-