Page:Paradis - Le Temiscamingue a la Baie-d'Hudson BAnQ P134S1D1, 1884.djvu/7

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Témiskaming n’hésitent pas à reconnaître ici absolument la même nature de terrain qu’au Nord-Ouest.

Une glaise profonde de 20 à 30 pieds et au-delà, surchargée d’une épaisse couche de terre végétale, tantôt noire, moins souvent jaunâtre, mais toujours excessivement riche et friable. Dans les endroits moins élevés surnagent d’épais sédiments d’alluvion qui semblent indiquer le fond de quelques grands lacs aujourd’hui écoulés. Il est impossible de supposer rien de plus riche.

Mr Olivier Armstrong, ce vaillant pionnier de la colonisation du Pacifique Canadien et qui fait certainement autorité dans cette matière, m’a déclaré avec enthousiasme qu’il n’avait rien vu de plus beau depuis Manitoba jusqu’aux Montagnes Rocheuses.

Et ! bien, ce que je dis de Témiskaming, je l’affirme également de toute la contrée qui s’étend des deux côtés de la hauteur-des-terres jusqu’au delà du 52o parallèle, latitude d’Albani sur la Baie d’Hudson.

Tout ce parcours, qui est de 537 milles, ne serait peut-être que la largeur d’une zone de glaise bornée à l’Ouest par les Montagnes Rocheuses et qui se réunirait à l’Est au plateau du Lac St Jean.

Cette hypothèse m’est suggérée moins encore par mon expérience personnelle que par le témoignage collectif de tous mes confrères, les missionnaires oblats qui ont sillonné ces diverses régions depuis les glaces de l’Alaska jusqu’aux pics arides qui séparent le Labrador du versant oriental de la Baie-d’Hudson. C’est aussi l’opinion de Mr l’Abbé Proulx, ancien missionnaire de la Rivière Rouge qui, à la suite de sa Grandeur Mgr Lorrain fit avec nous cet été le voyage à la Baie-d’Hudson.

Les rapports des géologues sont ici d’accord avec les données des Missionnaires et tous sont unanimes à dire que les chaînes des montagnes n’occupent qu’une portion fort insignifiante des steppes