Page:Paris, Paulin - Commentaire sur la chanson de Roland, I.djvu/30

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lait nier que ce fussent là des souvenirs de notre Roland, il faudrait admettre des coïncidences et des hasards bien plus extraordinaires. Un Roland dans le pays de Galles ; » (Non, mais un Rhuddlan, nom de lieu fort commun en Angleterre, répondant au sens de terre rouge) « une grande bataille perdue contre les Saxons au huitième siècle » (Que vous l’admettiez ou non, la bataille a été gagnée par les Saxons), « et cet air de Roland » (lisez : cet air, sans paroles, des marais de Rhuddlan), « dont les paroles avaient disparu au XVIIIe siècle, mais que la tradition appliquait à tous les sujets mélancoliques, ne serait-ce pas la mélopée sur laquelle Taillefer avait chanté les vers de Théroulde ? » (P. lxix.) J’y consens ; mais cet air sans paroles pourrait être tout aussi bien Lili-burello que sifflait avec tant de plaisir mon oncle Tobie. Avec le texte critique de M. Génin, il devient aisé de le reconnaître.

Puisque nous avons exprimé nos doutes sur l’importance de la mention de Turoldus, nous ne suivrons pas M. Génin dans un dénombrement de tous les Turoldus qu’on trouve dans les tables du Doomsday-book, et dont il fait autant de Théroulde. Nous aimons mieux rappeler ce qu’il veut bien nous dire avant d’entreprendre ce fastidieux relevé : « Chercher à démêler un Théroulde dans la foule de ses homonymes, c’est comme si on voulait retrouver la trace d’un individu et constater son identité avec ce seul renseignement qu’il s’appelait Dubois ou Duval » (p. lxxi). Cela n’est pas fort bien écrit, mais cela est bien pensé, et nous nous en tenons là. Seulement, nous n’espérions pas trouver parmi tous les candidats à l’honneur d’avoir composé le Roncevaux, un moine de Fécamp, qui pourrait bien s’être appelé Théroulde, attendu que l’histoire ne lui donne ni ce nom-là, ni tout autre nom. « Nulle part, dit naïvement M. Génin, je n’ai pu découvrir le nom de ce moine. S’appelait-il Théroulde ? Est-ce lui qui fut nommé après Hastings à l’abbaye de Malmesbury ? Cette nomination était-elle le prix de ses services ou de ses vers patriotiques ? Je ne décide rien » (p. lxxv). Ah monsieur !

Vos scrupules font voir trop de délicatesse.

Je ne décide rien me paraît admirable.


Chapitre V. — Réfutation de M. Fauriel. — Ce chapitre,