Page:Paris, Paulin - Lettre au traducteur de Fiéramosca sur les romans du Moyen-âge.djvu/4

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leurs nombreux rapports avec la morale, vous pourrez rappeler fort agréablement, à ce propos, l’effet édifiant de la Passion de Jésus-Christ. Si vous venez à disserter sur le mérite des deux architectures rivales, vous aurez une grâce charmante à dire que notre Sainte-Geneviève de Paris a la forme d’un gâteau de Savoie et notre Saint-Sulpice celle de deux grandes clarinettes. Le public ne résiste guère à des traits de cette force ; en faveur de la finesse des aperçus, de l’ingénieuse délicatesse des rapprochemens, il pardonne l’érudition, il excuse tout, jusqu’à la profondeur. Au reste, les deux exemples que j’ai cités ne doivent désespérer personne : on peut faire moins bien et mériter encore l’approbation des bonnes gens, lesquelles (ou lesquels) sont toujours en majorité.

Le roman est une composition dans laquelle on se propose uniquement la peinture du cœur humain. On peut dire qu’il est à l’histoire ce que le rêve est à l’état de veille ; car en reproduisant des objets et des événemens réels, il les dégage de toutes les entraves de temps et d’espace que présente la série des événemens historiques. Il est ou doit être géné-