Page:Paris, Paulin - Lettre au traducteur de Fiéramosca sur les romans du Moyen-âge.djvu/7

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une foule de dictés de rhétorique et de philosophie.

Jusqu’au XIe siècle, la confusion des langues régna dans l’empire romain. Mille nations barbares s’étaient installées pèle-mêle dans le patrimoine des Césars et chacune avait un idiôme et des poésies particulières. Quand les flots de Bourguignons, de Francs, de Goths et de Vandales furent appaisés, quand le grand renouvellement de l’Occident fut accompli, ces idiômes barbares se fondirent à leur tour dans un petit nombre de nouvelles langues, qui, toutes, ayant pris pour base principale la langue des Romains, furent également surnommées romaines ou romanes. Mais en renonçant à son ancienne parlure, chaque nation conservait un souvenir plus ou moins précis de ses poésies, de ses traditions nationales et sentait également le besoin de les transformer. Telle fut l’origine des romans, dans l’acception que nous donnons maintenant à ce mot.

Or, vous savez que les plus parfaits caractères typographiques ont été fondus les premiers ; vous savez que le plus ancien de tous les poëmes en est aussi le plus beau ; vous sa-