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PREMIÈRE MESSE.

force de démembrer si belle créature ! — « Fais mon commandement, » reprit le Seigneur, ou renonce à ta part dans mon héritage. »

Alors Josephe sépara la tête, puis le tronc du reste du corps, aussi facilement que si les chairs eussent été cuites ; mais il n’obéit qu’avec crainte, soupirs et grande abondance de larmes.

Et comme il commençait à faire la séparation, tous les anges tombèrent à genoux devant l’autel et demeurèrent ainsi jusqu’à ce que Notre-Seigneur dit à Josephe : « Qu’attends-tu maintenant ? Reçois ce qui est devant toi, c’est-à-dire ton Sauveur. » Josephe se mit à genoux, frappa sa poitrine et implora le pardon de ses péchés. En se relevant, il ne vit plus sur la patène que l’apparence d’un pain. Il le prit, l’éleva, rendit grâces à Notre-Seigneur, ouvrit la bouche et voulut l’y porter ; mais le pain était devenu un corps entier : il essaya de l’éloigner de son visage ; une force invincible le fit pénétrer dans sa bouche. Dès qu’il fut entré, il se sentit inondé de toutes les douceurs et suavités les plus ineffables. Il saisit ensuite le calice, but le vin qui s’y trouvait renfermé, et qui s’était, en approchant de ses lèvres, transformé en véritable sang.

Le sacrifice achevé, un ange prit le calice et la patène et les mit l’un sur l’autre. Sur la pa-