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LE SAINT-GRAAL.

tène se trouvaient plusieurs apparences de morceaux de pain. Un second ange posa ses deux mains sur la patène, l’éleva et l’emporta hors de l’arche. Un troisième prit la toile et suivit le second. Dès qu’ils furent hors de l’arche et à la vue de tout le peuple, une voix dit : « Mon petit peuple nouvellement régénéré, j’apporte la rançon ; c’est mon corps qui, pour te sauver, voulut naître et mourir. Prends garde de recevoir avec recueillement cette faveur. Nul n’en peut être digne, s’il n’est pur d’œuvres et de pensées, et s’il n’a ferme créance. »

Alors l’ange qui portait la patène s’agenouilla ; il reçut dignement le Sauveur, et chacun des assistants après lui. Tous, en ouvrant la bouche, reconnaissaient, au lieu du morceau de pain, un enfant admirablement formé. Quand ils furent tous remplis de la délicieuse nourriture, les anges retournèrent dans l’arche et déposèrent les objets dont ils venaient de se servir. Josephe quitta les habits dont Notre-Seigneur l’avait revêtu, referma l’arche, et le peuple fut congédié.

Pour complément de cette grande cérémonie, Josephe, appelant un de ses cousins nommé Lucain, dont il connaissait la prud’homie, le chargea particulièrement de la garde de l’arche, durant la nuit et le jour. C’est à