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LE SAINT-GRAAL.

sirent sur l’herbe fraîche, dans l’ordre accoutumé. « Pierre, » dit Josephe, « prenez le saint vaisseau, faites avec lui le tour des tables, pendant que je ferai les parts du poisson. » Dès que Pierre eut fait ce qui lui était demandé, tous se sentirent remplis de la grâce, et se crurent nourris des plus douces épices, des plus savoureux mets. Ils restèrent dans cet état jusqu’à l’heure de tierce.

Bron alors demanda à son neveu ce qu’il entendait faire de ses douze fils. « Nous saurons d’eux, » répondit Josephe, « quelles sont leurs dispositions ». Les onze premiers souhaitèrent de prendre femmes pour continuer leur lignée ; Alain le Gros seul déclara ne pas vouloir se marier. C’est lui que le conte appellera désormais le Riche Pêcheur, ainsi que tous ceux qui furent après lui saisis du saint Graal, et portèrent couronne. Mais cet Alain ne fut pas roi comme eux, et ne doit pas être confondu avec le roi Alain ou Hélain, issu de Célidoine. Ajoutons que le vivier dans lequel fut péché le gros poisson reçut, à partir de ce jour, le nom de l’étang Alain.

Nos chrétiens passent de cette contrée vers les abords de Brocéliande, que nous devons craindre de confondre avec la célèbre forêt de la Petite-Bretagne qui portait le même nom, et dont il sera parlé si souvent dans les autres