Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/60

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elle offre de boire à votre santé. Vous devez lui répondre : Drinck heil ! Ainsi fit Wortigern, et, depuis ce temps, la coutume s’est établie en Bretagne, quand on boit à quelqu’un, de lui dire Wevs heil et de l’entendre répondre Drinck heil. » — De cette tradition paraît venir notre mot français trinquer et l’ancienne expression si fameuse de vin de Garsoi ou Guersoi, c’est-à-dire versé pour porter des santés, à la fin des repas. Au reste, c’est aux Anglais à nous dire aujourd’hui quelle est la meilleure forme de ce mot : Garsoil ou Wevs heil, et quel respect on garde encore pour cet ancien et patriotique usage.

Wortigern, victime de la confiance qu’il accordait aux Saxons, s’était retiré dans la Cambrie ou pays de Galles. Ses magiciens ou astrologues lui conseillèrent alors d’élever une tour assez forte pour ne lui laisser rien craindre de ses ennemis. Il choisit pour le lieu de cette construction le mont Eriri ; mais, chaque fois que le bâtiment commençait à monter, les pierres se séparaient et croulaient l’une sur l’autre. Le Roi demande à ses magiciens de conjurer ce prodige : ils répondent, après avoir consulté les astres, qu’il fallait trouver un enfant né sans père, et humecter de son sang les pierres et le ciment dont on se servait. Messagers sont envoyés à la recherche de l’enfant : un jour, en traversant la ville