Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 4.djvu/214

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
207
retour de lancelot.

vous rendiez pas sans résistance. Ainsi, vous recevrez d’un air chagrin la prière que je vous ferai ; nous tomberons à vos genoux, Galehaut et moi, mes dames et mes demoiselles. Alors, vous céderez et vous vous abandonnerez à la volonté du roi.

« Ah ! ma dame, dit Lancelot en pleurant, le moyen de vous voir agenouillée devant moi ? Épargnez-moi cette douleur. — Non, Lancelot, il me plaît qu’il en soit ainsi. » Lancelot n’ose plus insister.

La reine en le quittant se rendit, accompagnée de Galehaut, dans la salle où se tenait le roi. « Nous n’avons pu, dit-elle, rien obtenir de Lancelot. Nous ferons pourtant un dernier effort : invitez-le à venir ici, et que chacun imite ce que nous entendons faire. » Dès que Lancelot arrive dans la salle remplie de barons, chevaliers, dames et demoiselles, Galehaut commence à le prier, il refuse : la reine à son tour l’implore, il se détourne. « Je ne tiens pas, dit-il, à nouvelles compagnies ; je suis content de celles que j’ai. — Le roi, fait Genevièvre, vous offre tout ce qu’il possède. — Dame, pour Dieu ! n’insistez pas ; ne m’obligez pas à parler contre mon cœur : non que je garde au roi la moindre haine ; pour le servir, j’irais volontiers au bout de la terre ; mais je n’entends plus engager ma liberté. »