Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/41

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La brigade était sous les ordres de M. Lane, au nombre de trois canots montés par huit hommes chacun. Nous campâmes tous ensemble, et à trois heures, le lendemain matin, on partait. Les canots sont en écorce de bouleau ; ils ont 28 pieds de longueur sur 4 ou 3 de profondeur ; ils sont forts et peuvent porter en dehors de leur équipage de huit hommes, 25 ballots ; mais, en même temps, ils sont assez légers pour être aisément enlevés sur les épaules de deux hommes. Toutes les marchandises qui parviennent à l’intérieur et les pelleteries qu’on en tire, sont rassemblées en paquets de 90 livres chacun, afin d’être plus maniables dans les fréquents portages[1].

Après avoir ramé, en remontant un courant rapide, nous atteignîmes à huit heures environ le portage de la montagne, dont les cascades surpassent les chutes du Niagara en beauté pittoresque ; car bien que très-inférieure en volume d’eau, leur hauteur est égale et le paysage environnant a plus de grandeur sauvage.

L’interruption ainsi causée par ces chutes est d’environ deux milles d’une montée très-roide ; il faut y transporter les canots et le bagage par terre. On emploie pour cela une courroie dont on attache les deux bouts aux ballots, et les porteurs passent la courroie sur leur front. Les hommes qu’on emploie dans cette brigade de canots sont loués à Lachine, et on leur donne le nom bizarre de mangeurs de lard parmi les gens de l’intérieur, qu’ils ne valent pas pour les fatigues du voyage de Lachine à l’embouchure de la Columbia ; quand ils y parviennent, ils sont presque

  1. On appelle portages les rapides que l’on fait franchir aux canots sur la plage et à dos d’hommes ; nous nous servirons du mot lui-même pour désigner ces passages.