Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/49

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soixante-huit milles. Tandis que nous doublons une petite île placée au milieu, les rameurs de mon canot sautent sur le rivage et, courant vers des buissons, reviennent avec un petit baril de beurre ; ils me disent qu’ils l’ont laissé là caché l’année dernière ; ce beurre est une bonne fortune, bien que son âge ait singulièrement modifié son goût. Nous faisons ensuite le portage du Rat au pied duquel est le petit établissement dont les provisions sont si minces que nous pouvons seulement nous procurer deux poissons blancs. Nous quittons donc la place, bien qu’il soit fort tard, et nous campons quelques milles plus bas, dans la rivière Winnipeg, après soixante-douze milles de route.

8 juin. — Nous continuons notre marche en descendant la rivière Winnipeg, coupée par de nombreux rapides et des chutes superbes ; c’est certainement la plus jolie rivière que nous ayons encore vue. Notre pilote prend un brochet qui, en apparence, avait deux queues, une à chaque bout ; mais nous découvrons en l’examinant que ce qui lui sort par la bouche, c’est la queue d’un autre poisson, qu’il avait cherché inutilement à avaler. Nous passons près d’une mission catholique appelée Wabassemmung « Chien blanc ; » à mon retour, deux ans et demi plus tard, je la trouvai déserte, parce que les Indiens de ces parages ne voulurent pas se laisser convertir. Nous campons pour la nuit à quelques milles plus bas et sommes terriblement tourmentés par les chenilles qui couvraient complètement nos couvertures et nos habits. Nous avons passé les endroits suivants : Les Dalles, la Grande Décharge, le portage de la Terre Jaune, le portage de la Charrette, le portage de la Terre Blanche, le portage