Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/113

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Le Garçon sans idée

Il y avait une fois une veuve qui n’avait qu’un petit garçon. Elle voulut lui faire apprendre un état et le mit en apprentissage chez un menuisier ; mais comme il était paresseux et simple d’esprit, il faisait toujours son ouvrage de travers : il gâtait tout ce qu’il touchait, si bien que son patron, impatienté, le renvoya.

Quand sa mère le vit revenir, elle lui dit :

— Je suis bien affligée ; nous sommes pauvres, et j’aurais voulu que tu prennes un métier pour gagner ta vie. Mais tu t’es si mal conduit que le menuisier t’a renvoyé ; veux-tu essayer d’un autre état ?

— Non.

— Que veux-tu faire ?

— Rien.

— Jésus ! dit la mère, que voilà un garçon qui me cause du chagrin ! Mais puisque tu t’obstines à ne pas vouloir d’un métier, tu m’aideras au