Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/118

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II. Jean le Fou.

La mère de Jean le Fou l’envoya au bourg acheter de la farine et du cidre : — Quand tu seras revenu, ajouta-t-elle, tu mettras cela dans la place.

À son retour, Jean le Fou versa par terre la farine que contenait son sac et le cidre qu’il avait apporté. C’était un garçon simple et qui prenait au pied de la lettre tout ce qu’on lui disait.

— Où est ta farine ? demanda sa mère en rentrant de l’étable, où elle était allée soigner ses vaches.

— Dans la place.

— Et le cidre ?

— Je l’y ai mis pareillement.

— Ah ! pauvre innocent ! dit la bonne femme, qui regarda et vit le gâchis qu’avait produit ce singulier mélange ; pauvre innocent! ne pouvais-tu poser ton sac par terre et mettre ton pot de cidre à côté, au lieu de tout perdre comme tu l’as fait ? Mais tu gâtes tout ce que tu touches.