Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/120

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— L’argent que nous en retirerons, dit-elle, servira à boucher les plus grandes brèches.

Jean vendit le cochon, et en revenant à la maison il mettait l’argent à « boucher les plus grandes brèches » qu’il voyait dans les talus des champs ; il ne tarda pas à avoir employé tout ce qu’il avait de pièces blanches, de sous et de liards.

À son retour, sa mère lui dit :

— Qu’as-tu fait du prix du cochon ?

— Je l’ai mis à boucher les plus grandes brèches ; mais il y en avait tant sur le bord de la route, que je n’ai pu en boucher que deux ou trois.

— Ah ! malheureux enfant ! tu n’es pas plus malin à une fois qu’à l’autre ; cet argent était pour boucher les brèches de notre fortune et non celles des champs. Retourne le chercher.

Jean se remit en route ; mais il ne retrouva pas ses pièces, que les passants avaient ramassées.


Quelques jours après, la bonne femme eut besoin d’un trépied et chargea son fils d’aller l’acheter.

Jean s’ennuya bientôt de porter le trépied ; il le posa par terre et lui parla en ces termes :

— Voilà la route qui conduit tout droit chez nous ; tu n’as qu’à la suivre, et si tu veux tu seras rendu avant moi, puisque tu as trois pieds et le ventre percé.