Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/122

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— Ce n’était pas comme cela que tu aurais dû t’y prendre ; il fallait lui passer ton bâton dans les oreilles.


Quelques jours après, sa mère lui remit de l’argent :

— Nous avons besoin d’un cheval, dit-elle. Voici cinquante écus pour en acheter un ; mais écoute bien ce que je te recommande : ne mets pas un sou de plus.

— Soyez tranquille, ma mère, je sais mon affaire.

À la foire de Rennes, Jean s’informa du prix de plusieurs chevaux qui lui plaisaient ; mais tous les marchands auxquels il s’adressait lui demandaient tantôt plus de cinquante écus, tantôt moins, et Jean ne voulait pas démordre de cette somme. Il allait sortir du champ de foire et s’en retourner chez lui sans avoir rien acheté, quand il aperçut un paysan qui tenait par la bride un cheval aveugle.

— Combien la bête ? demanda Jean.

— Cinquante écus, répondit à tout hasard le rusé fermier, qui avait remarqué l’air niais du jeune gars.

— Marché conclu, se hâta de dire Jean, en frappant dans la main ouverte du vendeur.

Il prit le cheval, qui ne valait guère mieux que