Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/125

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— En bonne conscience, dit-elle, je désespère de t’apprendre de l’esprit ; tu aurais dû lui passer un licol au cou et monter dessus ; cela n’était pas bien difficile.


On l’envoya chercher une servante que sa mère avait gagée ; la fille le suivit, et quand ils furent sur la route, Jean tira de sa poche un licol qu’il avait eu soin d’apporter et le lui passa autour du cou, puis il lui dit qu’il allait monter sur son dos. La servante eut peur de Jean et vit bien qu’il était un peu fou ; elle se laissa faire et apporta le garçon, qu’elle trouvait bien lourd cependant.

Quand on arriva à la ferme, elle suait à grosses gouttes ; Jean l’emmena à l’écurie, mit du foin devant elle, puis entra à la ferme.

— Où est la servante ? dit la bonne femme.

— Dans l’écurie.

La fermière se hâta d’y aller et de faire entrer la domestique dans la maison ; mais la pauvre fille avait eu si peur qu’elle resta plusieurs jours malade au lit.


Jean le Fou voulait aller voir les filles. Il importuna tant sa mère qu’un dimanche, l’après- midi, elle lui dit de se rendre dans un champ où une jeune voisine gardait ses vaches. Le garçon