Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/146

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Le Fin voleur monta dans la chambre par la fenêtre qui était restée ouverte, prit les draps de lit, et voyant sur la table une bouteille de cognac, il s’en empara et mit à la place une bouteille de vinaigre qu’il aperçut dans un coin, puis il s’enfuit avec son butin.

Quand le seigneur et sa femme eurent enseveli le bonhomme de paille, ils dirent à leurs domestiques d’aller le porter dans un creux de fossé, puis ils remontèrent dans leur chambre.

— Je boirais bien un coup, dit le mari, que la besogne avait échauffé.

— Prends, dit sa femme, la bouteille de cognac qui est sur la table.

Le seigneur s’en versa un verre ; mais le vinaigre le prit si fort à la gorge qu’il se mit à tousser, et sa femme s’aperçut que les draps avaient disparu du lit.

— Ah ! s’écria-t-elle, le Fin voleur s’est encore moqué de nous[1].


Le lendemain, le Fin voleur vit le seigneur qui arrivait : cette fois, il ne se cacha pas, mais alla à son écurie, où il mit quelques pièces d’or sous

  1. Les conteurs qui aiment les détails scatologiques ne manquent pas de faire boire la bouteille de vin ou de cognac par le Fin voleur, qui pisse dedans pour que le seigneur la croie encore pleine.