Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/147

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la queue de la jument qu’il avait volée et en répandit d’autres à terre.

— Voilà, dit le seigneur, la bonne bête que tu m’as volée.

— Oui, répondit-il, et j’en suis bien aise, car au lieu de crottin elle fait de l’or. Tenez, ajouta-t-il en lui pressant un peu sur la queue, la voilà qui va encore en faire.

— Vends-moi-la.

— Combien m’en offrez-vous ?

— Mille francs.

— Non ; j’y perdrais : donnez-moi trois mille francs, et elle sera à vous. Mais soignez-la bien, ou elle ne fera point d’or.

Le seigneur alla chercher de l’argent et revint chercher la jument, à laquelle pendant ce temps le Fin voleur fit avaler de l’or dans du son.

Le lendemain, les domestiques du seigneur trouvèrent encore un peu d’or parmi le crottin ; mais le jour d’après, il n’y en avait plus du tout.

Comme le seigneur venait pour se plaindre de cela, le Fin voleur dit à sa femme de se coucher et de faire la morte, et prenant un soufflet, il lui promenait le vent sur la figure en répétant :

— Si je n’ai recours à mon soufflet, je suis perdu.

— Qu’est-il arrivé à ta femme ?

— Hélas, monsieur, elle est morte. Et il répé-