Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/159

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VII. Le prêtre qui n’a pas de chance.

Il y avait une fois un prêtre qui était gourmand. Un jour, il donna à sa cuisinière trois perdrix, en lui disant de les préparer pour le dîner. Quand elles furent cuites, elle voulut les goûter, et lorsqu’elle en eut avalé un morceau, elle trouva la perdrix si exquise qu’elle la mangea toute. Elle en entama une autre en pensant qu’une aile de plus lui ferait du bien ; mais elle finit par dévorer aussi la seconde. Quand il n’en resta plus qu’une, elle se dit :

— Ma foi, qu’est-ce que monsieur le recteur ferait d’une perdrix toute seule ? Je vais manger aussi la troisième.

Le recteur était sorti, et, suivant son habitude, il avait laissé son couteau à la maison. Il arriva un homme qui demanda à parler au prêtre.

— Monsieur le recteur est à l’église, dit la cuisinière, et il ne va pas tarder à rentrer ; mais il a une mauvaise habitude : toutes les fois que quel-