Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/164

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VIII. La Coquette et ses bons amis.

Une fille avait trois bons amis qui auraient bien voulu l’épouser.

Un soir, l’un d’eux vint la voir et lui dit :

— Bonjour, ma bonne amie ; vous avez la mine changée aujourd’hui.

— Ah ! répondit-elle, je ne me porte pas bien ; je suis allée à confesse, et mon confesseur m’a donné une pénitence que je ne saurais faire.

— J’irai à votre place, si cela est possible, dit le galant.

— Oui, s’écria-t-elle, allez-y ; vous savez que je vous ai toujours préféré entre tous les autres. Il faudra prendre un drap blanc, vous le mettre sur le dos, et rester auprès du porche depuis minuit jusqu’à trois heures du matin.

Quand le galant fut parti, le second amoureux de la fille vint la voir à son tour, et, après lui avoir souhaité le bonsoir, lui demanda pourquoi elle avait l’air affligé.