Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/190

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bastien, et le soir nous irons tous ensemble la ramener chez elle.

Ils la conduisirent à l’assemblée, lui achetèrent des amandes et lui payèrent du cidre et du café, puis ils vinrent au soir dans sa maison.

— Donne-nous un petit coup de vin à boire, Adèle, nous qui t’avons promenée et défrayée toute la journée.

— Mon galant m’a bien défendu d’en donner à personne ; mais vous avez été si gentils pour moi que je vais aller vous en chercher une bouteille.

À peine l’eut-elle atteinte, que la porte de l’escalier qui menait au grenier s’ouvrit, et le monsieur descendait les marches. Avec le doigt, il montrait la porte aux garçons sans rien leur dire, mais avec des yeux si terribles qu’ils se hâtèrent de sortir.

Quand ils furent au milieu de l’aire, ils enten- dirent Adèle qui jetait des cris comme si on la tuait. Ils pensèrent que le monsieur n’était autre que le diable, et ils allèrent chercher le recteur d’Erquy. Mais celui-ci ne voulut pas aller tout seul combattre le démon, et il recommanda aux garçons de dire à la fille de venir lui parler le lendemain.

— Que me voulez-vous, monsieur le recteur ? dit-elle quand elle fut arrivée.