Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/197

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III. Misère.

Un petit bonhomme qui s’appelait Misère avait une maison sur le haut d’une montagne. Il se dit :

— Je ne puis pas rester ici, car je n’ai pas d’argent ni de pain, et je ne veux pas vivre de mes rentes. Je vais aller trouver un forgeron et me placer chez lui comme apprenti.

Il ne resta pas huit jours chez son patron sans avoir envie de s’en aller.

— Je suis bien bête, dit-il, de rester ici. Je sais maisonner ; je vais me construire une petite cabane, et j’y porterai tout ce qu’il faut pour forger.

La maison faite, il arrangea derrière elle un jardin où il planta toutes sortes d’arbres, puis il se mit à réfléchir.

— Je suis bien bête, dit-il, de me crever à travailler, tandis que Satan a de l’argent en enfer.

Il monta sur le haut de sa cheminée pour appeler le diable :

— Satan, cria-t-il, apporte-moi de l’argent ; si