Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/199

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diable ne s’en aperçut pas, et il le cloua avec des clous bénits, de sorte que Satan ne pouvait sortir.

— Misère, dit le diable, tire-moi d’ici, et je te donne encore dix ans à vivre.

— Je veux bien ; mais il faut que de plus tu me fournisses autant d’argent que la première fois.

— Je t’en apporterai demain, dit le diable.

— Non, tout de suite, ou je te laisse où tu es.

Le diable lui jura qu’il lui donnerait encore cent mille francs ; Misère le lâcha, et le lendemain l’argent fut apporté.

Misère se dit alors :

— Le diable sait bien que je demeure ici ; il faut que je m’en aille bien loin, pour qu’il ne puisse me retrouver.

Misère abandonna sa cabane, et bien loin de là il construisit une maisonnette ; dans son jardin, il avait toutes sortes de fruits, et il exerçait toujours son métier de forgeron.

Les dix ans s’écoulèrent encore, et Misère ne songeait plus au diable. Un jour qu’il était monté dans son noyer pour ramasser des noix, il le vit arriver et lui dit :

— Viens m’aider à cueillir des noix pour manger en enfer, ou bien je ne t’en donnerai pas.

Quand le diable fut grimpé dans le noyer,