Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/214

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I. La Messe du Fantôme.

Une nuit de la Toussaint, une femme resta endormie dans l’église de Plévenon, et le bedeau, qui ne l’avait pas vue, ferma les portes à clé.

Quand elle se réveilla, elle fut bien surprise de se trouver à pareille heure dans l’église. Mais elle n’était pas au bout de ses étonnements. À minuit, elle vit s’avancer vers l’autel, dont les cierges s’allumèrent d’eux-mêmes, un prêtre vêtu comme pour dire la messe.

Après s’être incliné devant l’autel, il se retourna du côté de la nef et dit par trois fois :

— Y a-t-il quelqu’un qui veuille répondre ma messe ?

La femme avait trop peur pour oser souffler mot, et le prêtre se retira dans la sacristie pendant que les cierges s’éteignaient.

Dès que l’église fut ouverte, la femme courut au presbytère et raconta au recteur ce qu’elle avait vu et entendu.