Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/237

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je ne veux pas vous refuser pour cette fois. Voici un âne ; vous lui mettrez un drap sous les quatre pieds en disant :

Ânon, fais de l’or et de l’argent,

et vous serez servi à souhait ; mais tâchez d’être plus fin que la première fois.

Le petit bonhomme, après avoir essayé la vertu de son âne, ne put s’empêcher d’aller à l’auberge avec sa monture, et il parla encore :

— Gardez-vous de dire à mon âne : « Ânon, fais de l’or et de l’argent. »

— Non, non, répondit l’aubergiste, on ne le lui dira pas ; vous pouvez être tranquille.

Pendant la nuit, il substitua un autre âne à celui qui venait du ciel, et le pauvre bonhomme ne pouvait plus avoir d’écus.

Il alla voir si la fève était encore là, et il grimpa tout au long, et frappa pour la troisième fois à la porte du paradis.

— Qui est là ? demanda le bon Dieu.

— C’est un petit bonhomme qui a autant d’enfants qu’il y a de pertuis dans un crible.

— Ah ! c’est encore vous, bonhomme ; vous venez trop souvent ; vous serez, j’en suis sûr, retourné à l’auberge.

— Donnez-moi quelque chose, dit le bonhomme.