Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/409

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Une fille avait deux galants : un jour qu’elle était enfermée avec l’un d’eux, l’autre passa par là en portant à la forge un soc qui avait besoin d’être raccommodé.

En arrivant à la porte de sa bonne amie, il lui demanda à entrer pour causer ; elle refusa.

— Puisque tu ne veux pas, mets ta joue à côté du trou au chat ; je vais t’embrasser.

La fille fit ôter les culottes à l’autre galant, et le fit présenter au trou du chat ses fesses bien charnues et bien dodues.

— Comme tu as de bonnes joues, dit le galant : tu voudras encore bien que je t’embrasse en revenant.

— Oui, répondit la fille.

Arrivé à la forge, le garçon fit chauffer son soc jusqu’à ce qu’il fût rouge, et comme l’autre amoureux lui présentait encore ses prétendues joues, il le brûla avec son soc. (E.)

Jean Ménar monta un jour sur son âne, et il tenait à la main un fagot. L’âne se trouvait chargé et se plaignait à sa façon :

— Comment! lui dit son maître, tu geins, bougresse, et c’est moi qui porte tout !