Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/411

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§ III. — Les mentiries.

Les mentiries ou jeux de mensonges sont une sorte d’amusement qui consiste à raconter des histoires sans queue ni tête, ou des aventures invraisemblables : ceux qui ont le plus de succès sont ceux qui forgent les choses les plus impossibles. C’est, comme le disait un de mes conteurs, « à qui mentira le plus ».

Michel Morin envoya ses trois fils à la chasse : l’un n’avait pas d’yeux ; l’autre était sans bras ; le troisième n’avait pas de jambes, et le quatrième n’avait pas d’habit.

Celui qui n’avait pas d’yeux aperçut un lièvre à cinq cents pas ; celui qui n’avait pas de bras tira dessus et le tua ; celui qui n’avait pas de jambes courut le ramasser, et celui qui n’avait pas d’habit le mit dans sa poche.

Ils étaient sur le bas du sommet d’une montagne, et ils montèrent dans le fond d’un vallon : arrivés là, ils aperçurent une maison qui n’avait