Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/42

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d’assister une créiature qu’était en ma d’éfant[1], Milie répondit qu’o voulait ben : o print ses solées[2], mint su son dos eune petite devantière, rapport à la fret[3] ; o cutit[4] son feu et sieuvit la veille qui cheminait devant ielle et marchait par les sentes comme s’il avait été joû.

I’y avait mêzé[5] un p’tit d’temps qu’iz étaint partis, quand Milie ouït le bru de la mé, qui menait tenant de ramaïge cont’ les roches des falâses.

— Eioù qu’ous me menez ? qu’o dit[6]. Voul’ous me faire aller diqu’à[7] la Goule-ès-Fées, ousque n’en dit qu’on vaït des fions d’aut’ faïs[8] ?

— Vère[9], Milie, que li repondit la veille ; j’allons directement là. Prends ma main ; tu n’as que faire d’avaï poû[10] ; je n’veux point te défalâser[11]. Sieus-ma, et tu renras service à ieune de tes semblabes.

Milie arait ben voulu êt’e cor sez ielle au coin d’son fouyer, ou ben dans son let ; mais olle était forcée d’aller éioù que l’aut’e la menait, et o marchait sur les pentières des falâses comme su n’eune route messière.

  1. En mal d’enfant.
  2. Elle prit ses souliers.
  3. À cause du froid.
  4. Cacha.
  5. Déjà.
  6. Où me menez-vous ? dit-elle.
  7. Jusqu’à.
  8. Les fées d’autrefois.
  9. Oui.
  10. Peur.
  11. Te jeter en bas de la falaise.