Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/71

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avouer ce qu’il avait vu, de peur qu’on ne se moquât de lui ; il leur dit seulement qu’il désirait manger du pain blanc boulangé par la Pouilleuse qui était fille de basse-cour dans une ferme qu’il nomma.

Bien que ce désir parût bizarre, on s’empressa d’obéir, et on alla dire au maître de la ferme ce que voulait le fils du roi. La Pouilleuse ne parut pas fort étonnée de cet ordre : elle demanda de la fleur de farine, du sel et de l’eau, et dit qu’on la laissât seule dans une petite pièce qui touchait le four et où se trouvait une huche. Avant de se mettre à l’œuvre, elle se débarbouilla avec soin et passa même ses bijoux à ses doigts ; mais pendant qu’elle boulangeait, une de ses bagues glissa dans la pâte. Quand elle eut fini sa besogne, elle se salit de nouveau la figure et laissa de la pâte collée à ses doigts, si bien qu’elle parut aussi laide qu’auparavant.

On porta au fils du roi le pain, qui était fort petit, et qu’il sembla manger avec plaisir ; en le coupant, il trouva la bague de la princesse et déclara à ses parents qu’il épouserait celle qui pourrait la passer à son doigt.

Le roi fit publier cet avis dans tout son royaume, et les dames vinrent en foule pour tenter l’aventure. Mais la bague était si petite que celles qui avaient la main la plus fine pou-