Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/81

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— Le Merle d’Or est dans une petite cabane à côté, dit le petit lièvre, et tu la trouveras facilement ; il est perché dans une vilaine cage, et à côté est une cage en or ; mais garde-toi de le mettre dans la belle cage, car aussitôt les gens du château sauraient que tu l’as pris.

Le jeune garçon vit le Merle d’Or les pieds sur une perche en bois, et qui paraissait comme mort, et à côté de sa cage grossière était une cage d’or.

— Il va peut-être ressusciter si je le mets dans la belle cage, pensa le jeune garçon.

Dès que le Merle d’Or eut touché les barreaux de la cage en or, il s’éveilla et se mit à siffler. Aussitôt les gens du château accoururent et se saisirent du jeune garçon, en le traitant de voleur et en disant qu’ils allaient le mettre en prison.

— Non, répondit-il, je ne suis pas un voleur ; si j’ai pris le Merle d’Or, c’est pour guérir mon père qui est malade, et j’ai fait plus de sept cents lieues pour arriver jusqu’ici.

— Eh bien ! dirent-ils, nous allons vous laisser aller, et nous vous donnerons le Merle d’Or, si vous pouvez amener ici la Porcelaine.

Le jeune garçon sortit en pleurant, et il rencontra le petit lièvre qui broutait du serpolet.

— Qu’as-tu à pleurer, mon ami? lui demanda le lièvre.